LES SPORTS D'HIVER DEJOUENT LA CRISE DU POUVOIR D'ACHAT

Publié le par LF

Source Magazine Challenge Analyse 04/12/2008
http://www.challenges.fr/magazine/analyse/0147-017875/les_sports_dhiver_dejouent_la_crise_du_pouvoir_dachat.html

Tourisme

La montagne va profiter du malheur des destinations soleil d'hiver. D'autant que la neige et les initiatives sont au rendez-vous dans les stations.

 

Ctait un sourire bien réconfortant pour le ski français que celui de Tessa Worley après sa victoire inattendue dans le slalom géant d'Aspen, samedi 29 novembre. Ce dernier week-end, la jeune skieuse n'était pas seule parmi les Savoyards à avoir le sourire. Les flocons sont tombés plus tôt que d'habitude, et la moitié des stations alpines ont déjà ouvert leurs portes. Samedi 6 décembre, 80% d'entre elles seront accessibles aux skieurs. Les Pyrénées, le Massif central ou les Vosges ont connu, eux aussi, un providentiel «coup de blanc».
Partout, la saison s'annonce bonne. Les réservations sont à la hausse. L'agence de voyages en ligne Last- minute enregistre une progression de 10 à 15% de ses ventes de séjours à la montagne par rapport à l'an dernier. Idem pour Pierre & Vacances. «Nos réservations sont en hausse pour Noël et le jour de l'An, et stables pour janvier et février, assure Gérard Brémond, créateur de la station d'Avoriaz et président du leader européen de la location en résidence de tourisme. C'est d'autant plus appréciable que 2007-2008 avait été un très bon cru, avec des taux d'occupation dépassant les 80%.» De Guy Vaxelaire, maire de La Bresse, dans les Vosges, à Jacques Guillot, maire de Chamrousse, dans l'Isère, le constat est unanime : «Ce sera au moins aussi bien que l'an passé.»

Exception
La montagne semble échapper à la malédiction de la crise. Celle-ci frappe le secteur touristique dans son ensemble, hôtellerie de luxe comprise, et voyages lointains en particulier. Selon les derniers chiffres communiqués par le Ceto, l'association des tour-opérateurs, les réservations pour les destinations lointaines cet hiver sont en baisse d'environ 30% et les moyen-courriers, de 10 à 15%.
Les stations de ski pourraient précisément en profiter. «Pour la première fois depuis 2001-2002, on constate un recul des séjours soleil d'hiver, dont la clientèle se reporte essentiellement sur la montagne», observe Didier Arino, gérant-associé de Protourisme, cabinet d'études et de conseil spécialiste du secteur.
Ce que confirme Gérard Brémond : «L'expérience a montré que le tourisme de proximité résiste mieux aux crises, pour des raisons psychologiques et budgétaires.»

Tarification
La question du pouvoir d'achat n'a pas été oubliée. Ce n'est pas un hasard si les stations qui progressent le plus sont celles qui présentent les tarifs les plus attractifs. «Dans notre Top-10 des ventes, La Plagne et les Menuires sont toujours en tête, mais nous avons vu apparaître des stations comme Orcières ou Risoul, observe Patrick Hoffstetter, directeur des activités France de Lastminute. La semaine s'y commercialise autour de 180 euros par personne, au lieu de 300 à 400 euros dans les grandes stations.» Et François Mariette, président-fondateur des résidences Odalys Vacances, remarque que «la Maurienne est plus demandée que la Tarentaise, qui coûte de 10 à 25% plus cher».
Certaines destinations ont même choisi un positionnement low-cost, comme Brides-les-Bains. Située à 600 mètres d'altitude et à vingt-cinq minutes par télécabine de Méribel et des Trois-Vallées, le plus grand domaine skiable du monde, la ville thermale met en avant des tarifs de 30 à 50% inférieurs à ceux proposés en altitude.
En général, les packages, comprenant transport, hébergement, location du matériel et forfait de ski, ont de plus en plus la faveur des vacanciers. Une manière pour eux de mieux contrôler leurs dépenses.
Les professionnels de la montagne ont aussi optimisé leur tarification. Premier exploitant des domaines skiables en France, la Compagnie des Alpes a mis au point la carte Holiski, qui fonctionne comme un badge d'autoroute et donne accès à six domaines skiables, dont ceux des Arcs, de Serre-Chevalier et du Grand Massif, comprenant Flaine et Samoëns : seules les journées enregistrées sont facturées. Dans les neuf stations qu'il exploite sous le nom de La belle montagne (La Bresse, La Schlucht, Orcières 1850...), le groupe Remy Loisirs a mis au point un système de réservation d'hébergement avec désengagement sans frais : le client qui se désiste à temps n'est pas facturé. Certaines stations, comme Les Arcs, ont même décrété la gratuité pour les enfants de moins de 6 ans. Une manière d'attirer les familles, mais aussi de renouveler la clientèle du ski.

Diversification
Les responsables des stations pensent désormais à long terme. Alarmés par la mauvaise saison 2006- 2007 et les rapports sur la réduction de l'enneigement, ils ont commencé à réviser leur offre. Sans attendre le réchauffement climatique, le règne du tout-ski est révolu. «En une dizaine d'années, la durée moyenne de ski est passée de six ou sept heures à seulement quatre heures par jour. Pour occuper le temps restant, il faut développer des loisirs complémentaires», observe Marc Béchet, directeur général de Rhône- Alpes Tourisme. Promenades à raquettes ou en traîneau, balnéo, spas et massages : c'est en développant ces activités que la montagne espère redevenir un refuge, à l'abri des crises.

Bertrand Fraysse 

Autant d'éléments pour contrer les arguments de notre exploitant...
On nous prend vraiment pour des imbéciles...
A bon entendeurs...

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